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Quoi de neuf dans la recherche scientifique ?

Quoi de neuf dans la recherche scientifique sur l’autisme ?
 
 
La recherche sur l’autisme : quoi de neuf ? ( mise à jour 23 décembre 2007)
 
 
 
 Des quotidiens, le Figaro et Le Monde, et un certain nombre de revues scientifiques (La Recherche, Sciences Humaines, Sciences et Avenir) se font l’écho récemment et régulièrement des recherches menées sur ce handicap largement encore mystérieux qu’est l’autisme. Disons d’emblée que le fait d’être en France fait parfois peser sur ces recherches et leur compte rendu une hypothèque partout levée dans les autres pays occidentaux : l’autisme relève toujours largement en France du champ de la psychiatrie : la désignation de psychose infantile pour qualifier l’autisme a été abandonnée partout dans le monde sauf en France (voir par exemple le site de la psychiatrie infirmière), même si dans le numéro de juillet-août 2004 de La Recherche, sept membres de centres de ressources régionaux pour l’autisme affirmaient ne pas méconnaître la classification internationale et l’utiliser souvent en parallèle avec la classification française et si les récents recommandations diagnostiques sur l’autisme d’octobre 2005 recommandent (mais n’imposent pas) d’utiliser la classification de l’OMS, la CIM10.
Il n’en reste pas moins que les personnes susceptibles d’être autistes sont toujours dirigées vers les 321 secteurs de psychiatrie infanto-juvénile en France où les praticiens continuent à remplir une grille demandée par le département d’informatique médicale qui utilise quasi uniquement la classification de la CFTMEA (classification française des troubles mentaux de l’enfant et de l’adolescent qui range l’autisme dans les psychoses infantiles) : cette situation pose, au minimum, un problème de cohérence ; elle est la cause aussi de la prise en charge tardive et inadaptée de l’autisme en France. Prise en charge insuffisante (tests et moyens éducatifs appropriés sont peu connus du corps médical), diagnostic tardif (à l’âge de 3 ans chez nous, mais parfois plus tard, contre 18 mois aux Etats-Unis) : pour beaucoup de pédopsychiatres, cette exception française dans le traitement de l’autisme et du syndrome d’Asperger s’explique par le poids de la psychanalyse freudienne dans notre pays. Il est vrai que jusque dans les années soixante-dix, cette dernière a largement dominé les recherches sur l’autisme. Ses initiateurs cherchaient alors un déficit dans le rapport entre la mère et l’enfant ; l’approche de Bruno Bettelheim était de ce point de vue très cruelle. Directeur de l’Ecole orthogénique de Chicago et auteur de La Forteresse vide, il a, en 1967, avancé que l’autiste était un enfant psychotique qui souffrait d’avoir été soumis à des conditions extrêmes de vie et a accusé les mères et leur entourage d’en être à l’origine. Puis, dès 1970, le vent a tourné, et ces approches ont été révisées par les travaux des cognitivistes. On est alors passé d’un autisme vu comme une psychose à un autisme considéré comme un dysfonctionnement cérébral lié à un trouble du développement : c’est une différence essentielle. Pour les psychanalystes, l’autisme est une maladie que l’on peut guérir et hélas on continue ici ou là à stigmatiser les mères. Tout au contraire, le fondement de la théorie des cognitiνistes repose sur l’idée que l’autisme n’est pas une maladie mais un handicap. On ne peut pas le soigner et il ne faut pas chercher à changer la personne qui en est atteinte car elle ne le peut pas. Tout au plus peut-on, par la prise en charge, apporter à l’autiste des « prothèses sociales » qui lui permettront de mieux vivre son handicap.
La situation est encore plus ou moins bloquée au niveau officiel : pour le Ministère de la Santé (2003), la question n’est pas tranchée entre les tenants des thérapies d’inspiration psychanalytique, pour lesquels l’autisme est un trouble mental, et les partisans des méthodes exclusivement éducatives qui tentent de démontrer son origine organique ; le Ministère de la Santé ménage donc la chèvre et le chou et conclut : « dans l’état actuel des connaissances, on peut dire que l’autisme est probablement plurifactoriel, avec une dimension neuro-biologique prédisposante et des facteurs psychologiques et affectifs. »
Sur le terrain, la situation change cependant : le regard des spécialistes s’est dans certains cas modifié et nous pouvons voir un signe encourageant dans le classement de l’autisme, lors des débats sur le projet de loi qui a refondu la loi sur le handicap de 1975 dans la nouvelle loi de 2005, dans le cadre des handicaps d’ origine cognitive.
Les scientifiques et l’autisme

Comme l’écrit un journaliste de la revue La Recherche (mars 2004), la notion simpliste et culpabilisante que l’autisme serait dû uniquement à une distorsion de la relation entre les parents et le nourrisson a été abandonnée par les scientifiques. La piste psychiatrique a fait la preuve de son inefficacité. Elle ne fait pas le lien entre l’hypothèse d’une perturbation originelle de l’environnement relationnel et affectif de l’enfant et les recherches actuelles probantes sur l’implication génétique dans l’origine de l’autisme. On peut cependant noter avec intérêt l’existence de quelques services de pédopsychiatrie, novateurs, qui s’efforcent de croiser différentes approches avec une certaine humilité, sans pourtant renoncer à la définition psychiatrique de l’autisme.
Des travaux récents apportent un éclairage neuf sur les controverses autour de l’autisme : si c’est, comme certains scientifiques le pensent, un trouble du développement neurologique, lié peut-être aussi à des causes génétiques, la mainmise de la psychiatrie sur ce trouble n’a plus de justification même si l’accompagnement de ce handicap, vécu parfois comme terrifiant par les autistes, à défaut d’une improbable guérison dans l’état actuel de nos connaissances, justifiera toujours la recherche d’ une manière d’aider enfants et adultes autistes à faire face à la souffrance psychique engendrée par ce trouble.
1) Description épidémiologique

Le syndrome autistique est désormais défini comme un trouble envahissant du développement par les deux classifications qui servent de référence internationale (DSM-IV=critères diagnostiques de l’association psychiatrique américaine, 1994, et CIM-10=classification internationale des troubles mentaux et des troubles du comportement ; OMS 1993). L’autisme apparaît avant 36 mois et entrave l’évolution normale des fonctions intellectuelles, émotionnelles, sensorielles et motrices liées au développement du jeune enfant. Ιl se manifeste par des perturbations dans trois domaines, que l’on appelle la triade autistique : l’interaction sociale (anomalies du regard, difficulté à partager des émotions, etc.) ; la communication verbale (50 % des autistes ne parviennent jamais à parler) et non verbale (imitation, jeux de « faire semblant ») ; les comportements (répétitifs et ritualisés, avec un intérêt restreint pour certains objets on types d’objets). Les formes cliniques sont très variées. Lorsque le retard mental existe (70 °/ο des cas), il peut aller du léger (29% des cas) au profond. Certains autistes peuvent avoir une intelligence supérieure à la moyenne, souvent assortie de compétences exceptionnelles dans un domaine (la mémorisation, le dessin,la musique etc.) : c’est rare et mis un peu trop facilement en exergue par les médias : le film Rain Man par exemple ou le roman à succès en Grande-Bretagne, traduit en français : Le bizarre incident du chien pendant la nuit de Mark Haddon.
Le taux de prévalence de l’autisme fait l’objet de controverses. Des enquêtes partielles d’Eric Fombonne en 1992 et 1997 donnaient un taux de 16 pour 10000 pour les troubles envahissants du développement. La dernière expertise collective de l’INSERM retient un taux de prévalence minimal de 27 pour 10000(mais aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne il peut aller jusqu’à 60 pour 10000) : cela donnerait en France 164 000 personnes ; or le rapport Chossy en recense 80000 et le ministère de la Santé 30000. Il y a trente ans, l’autisme était considéré comme une maladie rare avec un taux de prévalence d’environ 0,004 %. Un tel accroissement ne signifie pas que la maladie ait augmenté dans les mêmes proportions. En effet, les chiffres établis antérieurement l’étaient sur la base d’une définition stricte de l’autisme dit « de Kanner ». Depuis la fin des années quatre-vingt-dix, on définit l’autisme de manière plus large, celui des désordres autistiques, qui inclut le syndrome d’Asperger et les troubles non spécifiés du développement, encore appelés autisme atypique .On parle maintenant de « syndrome autistique » ou de « spectre autistique ».
2) Que peut nous apprendre l’observation clinique ?

Eric Courchesne de l’université de Californie a comparé la circonférence du crâne d’enfants autistes et non-autistes :plus petit que la normale à la naissance, il subit vers l’âge de deux ans un accroissement soudain et excessif qui serait dû à la subsistance de cellules et synapses qui disparaissent habituellement chez l’enfant à un stade précoce de son développement ; mais on peut observer ce phénomène dans certaines maladies, donc qu’en conclure ?
Le diagnostic de l’autisme ne se fait que sur l’observation des comportements de l’enfant.Le pédopsychiatre relève des signes « positifs », c’est-à-dire des attitudes propres aux autistes (battements de mains prolongés) et des signes « négatifs »,ceux qui manquent par rapport à l’observation d’un enfant non autiste, par exemple l’absence de réaction à la voix maternelle.
Le diagnostic dit hélas peu de choses sur l’origine de l’autisme ;et surtout il le définit essentiellement par l’observation de ce qui, dans leur comportement et leur mode de fonctionnement, manque aux autistes par rapport à une norme.
3) Autisme et psychotropes

Les psychotropes sont des médicaments dits « psychoactifs » qui influent sur l’activité psychique :ils peuvent tranquilliser, atténuer les angoisses ou l’agressivité, aider à dormir. Il est indispensable de consulter des médecins spécialisés (neuropédiatres, psychiatres, neurologues, pédopsychiatres) qui connaissent bien les traitements et leurs effets potentiels.
L’autisme est dans 25% des cas associé à l’épilepsie :sont prescrits des benzodiazépines contre les convulsions (Valium,Rivotril).
Les neuroleptiques traditionnels (Haldol, Largactil) , sont de plus en plus souvent remplacés, dans les prescriptions contre les troubles du comportement, par une nouvelle génération de molécules :les antipsychotiques atypiques mais qui n’ont pas d’autorisation de mise sur le marché pour l’enfant en France. Ils ont moins de risques d’effets secondaires que les neuroleptiques classiques (dyskinésie et ralentissement), et agissent contre l’agressivité, l’angoisse et l’automutilation. Certains montrent parfois des résultats spectaculaires avec des enfants autistes, parfois en complément d’un antidépresseur mais il n’y a que des cas différents et ces traitements ne fonctionnent pas toujours, loin de là.
Les antidépresseurs (Laroxyl, Prozac) n’ont pas les effets secondaires des benzodiazépines. Chez certains enfants, ils réduisent les stéréotypies et les manifestations obsessionnelles, à des doses relativement faibles. Mais ils peuvent avoir des effets aggravants sur l’épilepsie.
Donc, s’il y avait un médicament pour soigner l’autisme ou même réduire sensiblement ses manifestations les plus aiguës, cela se saurait.
4) Etiologie de l’autisme : les hypothèses actuelles
►Des facteurs environnementaux liés à une vulnérabilité génétique :
Ont été mis en cause récemment certains pesticides comme les organophosphates (les composés organophosphorés sont capables d’inhiber la reeline, protéine-pivot dans la migration neuronale), des vaccins tels que le ROR (parce que le diagnostic de l’autisme coïncide avec l’âge du vaccin) - les autorités britanniques, par exemple, sont confrontées à une campagne d’associations anti-vaccins accusant le pvaccin protégeant contre la rougeole, la rubéole et les oreillons d’être à l’origine de cas d’autisme-, ou encore des métaux lourds présents dans les vaccins, le mercure notamment. Ces pistes n’on fait l’objet d’aucune confirmation sérieuse, apparemment. Le NIH, l’agence de recherche médicale des Etats-Unis, a annoncé le 29 septembre 2005 démarrer la plus grande étude jamais entreprise concernant les effets de l’environnement sur la santé des enfants et des adultes. L’objectif affiché clairement est de diminuer les maladies telles que l’autisme, les anomalies congénitales, le diabète, les maladies cardiaques et l’obésité. Pour cela, plus de100.000 enfants vont être suivis de leur naissance, voire pendant la période de gestation pour certains, jusqu’à 21 ans. Le programme comprend la mesure de différentes expositions environnementales : notamment radon, fumée de cigarettes, plomb, amiante, etc. dans les foyers et les écoles fréquentés. Selon le NIH, une école sur 5 a des problèmes de qualité de l’air intérieur. (En France une étude récente a montré que 80 à 90 % des écoles françaises n’avaient pas de ventilation mécanique.) Les chercheurs du NIH analyseront les facteurs comportementaux dont la nourriture et la fréquence de visite dans les centres de soins, et prendront des échantillons sur les enfants et leurs parents afin de déterminer quels produits chimiques ils absorbent. L’étude devrait commencer en 2007, après la sélection des centres locaux chargés de collecter les informations sur les enfants, ce qui permettra de publier les premiers résultats dès 2010.
Plus généralement on s’interroge sur la toxicité d’un certain nombre de produits chimiques sur le cerveau des enfants : voir cet article :
Boston, MA - L’exposition du fœtus et du nouveau-né aux substances chimiques industrielles de l’environnement peut endommager le cerveau en cours de développement et peut mener à des désordres du développement neurologique (NDDs) - autisme, désordre du déficit de l’attention, et retards mentaux. Aujourd’hui encore, il n’y a pas suffisamment d’études réalisées pour identifier les substances chimiques individuelles qui peuvent provoquer des dommages dans les cerveaux en développement des enfants. Dans une nouvelle étude, mise en ligne dans « The Lancet » du 8 novembre 2006, et dans la version papier du « Lancet », des chercheurs de l’Ecole Harvard de Santé Publique et de l’Ecole de Médecine du Mont Sinaï ont systématiquement examiné les données publiques disponibles sur la toxicité chimique pour identifier les substances chimiques industrielles qui sont les plus susceptibles d’endommager le cerveau en cours de développement. Les chercheurs ont découvert que 202 produits chimiques industriels peuvent endommager le cerveau humain, et ils concluent que la pollution chimique peut avoir abîmé le cerveau de millions d’enfants dans le monde. Les auteurs concluent plus loin que les effets toxiques des produits chimiques industriels ont été souvent négligés.
On dit que les enfants autistes ont souvent présenté dans leur petite enfance des problèmes d’otites. L’Augmentin, antibiotique largement utilisé depuis les années 80, est suspecté car il ferait monter les taux d’urée et d’ammoniaque qui auraient un effet neurotoxique.
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi ?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=15607562&dopt=Citation

 
La piste de l’infection virale : une hypothèse à envisager avec beaucoup de prudence
Selon l’organisation mondiale de la santé (OMS), une personne sur quatre souffrira au cours de sa vie de troubles mentaux (autisme, dépression, schizophrénie...), leur origine reste largement énigmatique, ce qui hypothèque tout espoir de prévention. Certes, depuis les années 90, des facteurs génétiques ont été identifiés, mais il reste à déterminer ce qui déclenche la maladie. La piste d’une infection virale revient aujourd’hui sur le devant de la scène. 
 L’hypothèse avancée par Daniel Gonzalez-Dunia, neurovirologiste à l’Inserm de Toulouse et son équipe a de quoi surprendre. L’équipe a réalisé une étude dont les résultats pourraient éclairer d’un jour nouveau l’apparition de certains cas de bipolarité, mais aussi d’autres troubles du comportement tels que la schizophrénie, l’autisme ou la dépression. Pour la première fois, ils ont pris en flagrant délit l’intrigant manège d’un type de virus connu pour s’attaquer à l’animal, mais quasiment inconnu chez l’homme : les Bomavirus.
Ces Bomavirus ne provoquent pas la mort des neurones, ne détruisent pas les structures cérébrales mais perturbent en "sous-marin" leur activité et prendraient le contrôle de mécanismes biologiques qui sous-tendent la mémoire, les émotions ou l’apprentissage. Il se pourrait que des fonctions parmi les plus hautes du cerveau puissent passer sous l’influence directe de ces virus , souligne Daniel Gonzalez-Dunia. "Il s’agit pour l’instant d’une simple hypothèse, tempère immédiatement le chercheur. Nous avons démontré ce processus sur des neurones mis en culture. Nos résultats sont importants, mais ils ne peuvent bien évidemment pas refléter toute la complexité des processus qui se déroulent in vivo.
L’hypothèse d’une origine infectieuse des troubles du comportement, tels que la schizo-phrénie ou l’autisme, n’est pas nouvelle, dit Bernard Antoniol, chef du service psychiatrique au CHS de Bordeaux, mais pendant longtemps, elle n’a pas été prise au sérieux par la grande majorité des psychiatres. Comme d’autres facteurs environnementaux, il faut donc envisager que les infections puissent être, dans certains cas, le facteur déclenchant de ces maladies.
Plusieurs maladies virales sont suspectées de pouvoir perturber le développement et le fonctionnement cérébral jusqu’à provoquer des troubles mentaux : la rubéole, la mononucléose infectieuse, le sida (le VIH agirait sur les récepteurs de la dopamine, un neurotransmetteur), la grippe, l’herpès simplex de type 1.
La piste immunologique
 
 
 

Problèmes de digestion, allergies sont le lot commun de beaucoup d’autistes. Une équipe anglaise a trouvé dans l’intestin grêle d’enfants autistes des protéines du système immunitaire. Ce serait le signe d’un processus d’auto-immunité au cours duquel les défenses de l’organisme se retourneraient contre elles-mêmes mais quel est le facteur déclenchant ? Les problèmes de nutrition d’un certain nombre d’autistes font aussi l’objet de recherches, aux Etats-Unis en particulier ; la nutrithérapie, portée par la vague des produits bio et des médecines douces, si elle s’appuie sur des travaux scientifiques sérieux, pourrait aussi donner des résultats.
Cette approche qui associe des chercheurs britanniques, américains et français a donné lieu à un regroupement dans une association internationale appelée DAN (defeat autism now) qui organise des formations que cite l’association française Ariane dont la devise est « La biologie, fil d’Ariane de la médecine de demain ».Un congrès prévu en 2004 a été annulé mais le sommaire des actes de celui de 2002 donne une idée des recherches : les peptides urinaires, autisme et système immunitaire, physiologie intestinale appliquée chez les TED, test de perméabilité intestinale, le déficit en oméga 3 chez les enfants autistes, l’intoxication au mercure, etc..Ces recherches ne font que commencer et ne doivent pas donner lieu à des espoirs excessifs ou vains voire à du charlatanisme, dans la foulée des différentes mouvances « bio » dont certaines affirment de manière péremptoire des credos très peu scientifiques et parfois font du terrorisme implicite.
Une étude, parue dans Annals of Neurology du 15 novembre 2004, rapportée par le Quotidien du médecin, analyse, grâce à un travail post mortem dans l’autisme, une hypothèse inflammatoire.
Il semble concevable que l’existence de signes inflammatoires dans le liquide céphalo-rachidien puisse, un jour, participer au diagnostic de l’autisme, et, pourquoi pas, que le traitement de cette inflammation puisse servir à prévenir ou à traiter l’affection. L’hypothèse est formulée par Carlos A. Pardo-Villamizar et Andrew W. Zimmerman (Baltimore) à la suite de leur travail sur l’implication, au cours de l’autisme et au niveau cérébral, de facteurs immunitaires participant à la réaction inflammatoire.
Les deux chercheurs américains sont partis du constat établi, voilà quelques années, par certaines études de troubles immunes au cours de l’affection. Pour tenter d’apporter une réponse définitive, l’équipe a voulu étudier non pas les marqueurs immunitaires généraux, mais ceux du système nerveux.
Les cellules de la microgile et les astrocytes sont particulièrement concernées. Le tissu cérébral de 11 autistes de 5 à 44 ans, décédés accidentellement, a été analysé par rapport et comparé à celui de témoins. Les chercheurs ont, relevé une activation du système immunitaire et des signes inflammatoires. Les cellules de la microglie et les astrocytes étaient particulièrement concernées, en divers secteurs cérébraux. Les cytokines et chemokines présentaient, notamment, un schéma de type inflammatoire. Les anomalies enregistrées, précisent les chercheurs, semblaient bien d’origine innée et non acquise. Pour confirmation, des ponctions lombaires ont été réalisées chez 6 enfants autistes (de 5 à 12 ans). Les cytokines pro-inflammatoires étaient également élevées.
La participation génétique dans la survenue de l’autisme étant un fait acquis, les auteurs devront, dans leurs prochaines recherches, évaluer l’implication des gènes dans l’apparition des réactions immunes. Dans une étude de juillet 2005 qui apporte plusieurs indices pour comprendre les origines de l’autisme, les scientifiques et les médecins du Centre pour enfants de Thoughtful House d’Austin (Texas)apportent l’évidence manifeste de l’existence d’une nouvelle maladie maladie inflammatoire de l’intestin chez les enfants atteints d’autisme. L’équipe a étudié 178 enfants en observation pour des investigations intestinales en raison de symptômes gastrointestinaux tels que diarrhées et douleurs abdominales. Plus de 140 de ces enfants étaient également atteints d’autisme, la plupart ayant régressé après une période de développement normal. Les enfants atteints d’autisme avaient un gonflement important des glandes lymphatiques intestinales (hyperplasie nodulaire lymphoïde) - caractéristique des infections virales et des maladies immunodéficitaires telles que le SIDA. De plus, les enfants atteints d’autisme présentaient également une inflammation de la paroi intestinale alors que ce n’était pas le cas des autres. L’importance du gonflement des glandes lymphatiques intestinales était aussi bien plus sévère
chez les
 
enfantsatteints d’autisme par rapport aux enfants présentant un développement normal. "Les résultats de cette étude nous donnent des indices supplémentaires pour comprendre ce qui se passe dans les intestins et comment cela peut conduire à des perturbations cérébrales." dit le Dr Andrew Wakefield, Directeur Exécutif de Thoughtful House et principal auteur de cet article. "Nous travaillons sur l’idée que ce qui commence dans l’intestin peut sévèrement court-circuiter le développement normal du cerveau". "Lorsque nous comparons les résultats de nos recherches intestinales chez les enfants avec et sans autisme, les différences s’imposent d’elles-mêmes" dit le Dr Wakefield." Les résultats de cette nouvelle recherche s’ajoutent à la claire mise en évidence d’une nouvelle maladie du système immunitaire intestinal des enfants souffrant de troubles du développement, maladie susceptible de traitement. Ce sont des maladies à part entière et qui doivent être traitées comme telles. Des enfants souffrent sans raison et c’est ce qui doit changer. La présence et l’importance d’une gonflement des glandes lymphatiques n’est pas influencée par l’arrêt des régimes que quelques-uns de ces enfants suivaient, ce qui suggère que l’allergie alimentaire ou l’intolérance ne sont pas en cause. Le fait que ces enfants présentent des système immunitaires anormaux et la ressemblance de la maladie avec ce que nous avons trouvé chez des patients atteints d’infection HIV suggère que la maladie peut être associée à une affection virale.
 
►Des anomalies cérébrales (voir l’article suivant)
 ►La recherche en neuro-psychologie cognitive  
Elle occupe maintenant une place majeure. Elle est déjà ancienne, puisque les premiers travaux remontent aux années 70 ; elle s’est appuyée sur des résultats empiriques issus de la psychologie expérimentale puis associés aux recherches poursuivies dans les sciences cognitives.Une américaine, Uda Frith a exercé une influence majeure dans cette démarche. Son équipe a procédé ainsi : établir une opération cognitive chez l’autiste, par exemple l’incapacité à interpréter les mimiques du visage d’autrui, puis montrer que ce sont les personnes les plus handicapées dans ce domaine qui ont le plus de difficultés sociales. Entre 1985 et 2000, sont ainsi nés des modèles cognitifs unifiants qui avaient pour but d’expliquer le plus de signes possibles de l’autisme par l’atteinte d’une seule fonction cognitive ; deux de ces modèles ont donné lieu à de nombreuses recherches et à des débats qui se poursuivent, le déficit des « théories de l’esprit »et la « faiblesse de la cohérence centrale ».
 L’expression « théorie de l’esprit » désigne la capacité d’interpréter le comportement d’autrui à partir de ses intentions, ses désirs, ses croyances, ses états mentaux, donc à lui attribuer un esprit et non un fonctionnement mécanique. Les autistes semblent avoir le plus grand mal à interpréter les intentions et émotions des autres, reflétées par un visage ou des actions. Dissocier l’apparence d’un visage ou d’un objet de ce qu’il signifie est un comportement très compliqué pour un autiste, ce qui expliquerait son incapacité par exemple à faire semblant.
 Cette hypothèse a trouvé ses limites : le trouble ne touche pas que les autistes, certains(de haut niveau) ne sont pas concernés ; il vaut mieux parler de déficit global des opérations cognitives ou analyser les troubles du langage qui peuvent aussi expliquer ce symptôme ; enfin cette recherche n’explique pas une caractéristique essentielle des autistes : leur rigidité : réitération de certains comportements (listes, phrases ou mots répétés), intérêts fixes pour certains objets ou noms (trains, marques, objets ménagers etc...) . Le manque d’aptitude à s’adapter à une réalité fréquemment fluctuante, souvent repérable chez les autistes, a fait réfléchir plus tard à une atteinte des « fonctions exécutives » dans l’autisme. L’école d’U.Frith a donc défini, dans l’autisme, ce qu’on appelle la « faiblesse de la cohérence centrale ».Cette cohérence centrale fait que nous incluons spontanément une information dans son contexte, son sens, la tâche en cours. La personne autiste, au contraire, traite de façon privilégiée, l’information locale au détriment de l’information globale, les aspects perceptifs du monde au détriment de la construction d’un sens.
Les deux modèles de l’école d’U.Frith en fait se complètent ; le déficit de théorie de l’esprit explique les difficultés relationnelles des autistes, le modèle de la faiblesse de la cohérence centrale explique davantage les formes atypiques d’habileté de certains autistes et leur mode de perception du monde et des autres. Le déficit de « théorie de l’esprit » met en évidence trois niveaux faibles de traitement de la perception :
 -capacité altérée de percevoir l’orientation du regard de l’autre, de construire une représentation des expressions émotionnelles d’un visage ou d’une voix.
 -les autistes ne semblent pas capables d’éprouver les émotions de leur partenaire et, donc, d’entrer en empathie.
 enfin, au moins pour ceux qui sοnt limités intellectuellement, ils ne seraient pas capables de traiter le niveau de complexité requis pour attribuer des intentions οu des désirs à quelqu’un d’autre.
 Le modèle de « la faiblesse de la cohérence centrale » est celui qui a conduit aux résultats les plus prometteurs. Le déficit dans le traitement global des perceptions n’a toutefois pas été confirmé. En revanche, il existe un grand nombre de résultats montrant que la perception de bas niveau est à la fois supérieure dans l’autisme et plus autonome vis-à-vis du traitement de haut niveau qu’elle ne l’est chez les non-autistes. Tout se passe comme si les personnes autistes étaient des experts du détail, tant visuels qu’auditifs ou des autres sens, et que leur perception était moins influencée que chez les non-autistes par leurs attentes ou la signification, comme, par exemple, lorsqu’on interprète un mot mal prononcé par le sens général de la phrase. L’autre intérêt de 1’hypothèse d’un surfonctionnement perceptif est qu’on l’observe même chez des autistes adultes et d’intelligence normale. Il ne se confond donc pas avec un retard du développement ou une déficience intellectuelle. Par ailleurs, au lieu de décrire l’autisme par rapport à ce que ces personnes ne font pas comme les autres - les signes négatifs, surtout sociaux - , l’intérêt se trouve maintenant déplacé vers l’étude de ce qu’ils font, parfois mieux que les nonautistes, ou aussi bien, mais autrement - les signes positifs, surtout non sociaux.
 L’étude de l’autisme par la neurοpsychοlοgie cognitive présente par contre un défaut majeur : elle laisse de côté cette mystérieuse notion qu’est l’intelligence, ainsi que la grande question du développement. Il n’y a ainsi jamais eu de tentative de définir et encore moins d’expliquer la déficience intellectuelle dans l’autisme, lorsque celle-ci est présente. On considère aujourd’hui que moins de 40% des autistes souffrent de retard intellectuel (bien que le chiffre de 75% soit toujours annoncé dans les manuels), mais ces personnes sont celles qui sont les plus dépendantes et qui subissent le plus gravement les conséquences de notre mauvaise compréhension de leur état. On peut penser que les autistes ont accès à une autre forme d’intelligence comme le montrent certaines de leurs compétences atypiques (calcul, listes, dessin tridimensionnel, musique..).
 Pour conclure, ces recherches admettent qu’elles doivent être compatibles avec les résultats provenant de l’imagerie cérébrale et la neuro-anatomie, ce qui est un progrès indiscutable : c’est le partenariat et la confrontation patiente et modeste des recherches, des expériences qui ont une chance de faire avancer l’étiologie de l’autisme ; par ailleurs il faut admettre que certains déficits puissent se compenser avec le temps, enfin, mettre en évidence les stratégies cognitives originales des autistes : on ne peut plus ignorer que les démarches sont toujours atypiques et très individualisées chez les autistes, et susceptibles aussi de se modifier dans le temps.
Un autisme aux frontières de la normalité : le syndrome d’Asperger

 Par son caractère particulier, ce syndrome est une bonne façon de réfléchir aux problèmes que rencontrent les autistes. Les controverses subsistent pour savoir s’il faut ou non séparer syndrome d’Asperger et autisme de haut niveau.
Asperger est un pédopsychiatre autrichien qui observa, dans un ouvrage de 1943, donc exactement contemporain des travaux de Kanner, des autistes différents, avec un quotient intellectuel normal, un langage verbal correct ; c’est seulement en 1981 que les recherches sur ce syndrome repartent.
 Certains jeunes autistes, 8, porteurs de ce syndrome, travaillent dans la seule structure de France qui soit conçue pour eux, un chalet avec une insertion professionnelle dans le zoo de Pont-Scorff, d’ailleurs pas spécifiquement liée aux animaux, à quelques kilomètres de Lorient. Ce chalet est à l’heure actuelle menacé de fermeture par manque de financement : un scandale de plus. Les autistes, porteurs de ce syndrome ont parfois un quotient intellectuel plus élevé que la moyenne, apprécient la musique ; mais ils sont comme les autres autistes mal à l’aise avec les sentiments et supportent difficilement le contact physique ou le changement. Bien qu’ils soient intelligents, leurs centres d’intérêt sont souvent restreints et exclusifs (les dinosaures, les trains) ; leurs hobbies dominent leurs conversations et occupent la plupart de leur temps.Cataloguer les informations leur donne une logique rassurante ; beaucoup aiment l’ordinateur : compagnon idéal , il est logique et d’humeur égale. Ce sens de la logique poussé à l’extrême leur cause bien des soucis : incapacité à comprendre les métaphores, les expressions figurées : « rester cloué au lit », « donner sa langue au chat »..., difficulté à repérer et à appliquer les règles et codes qui structurent nos relations, nos échanges, nos usages. Temple Grandin, elle-même autiste de haut niveau, a été la première à relever chez Einstein des caractéristiques autistiques ; on peut en dire autant de certains autres génies : Edison, Van Gogh, Malher, Warhol, Jarry, Kafka et pourquoi pas Woody Allen et Bill Gates . Mais bien sûr tous les génies ne sont pas des Asperger et les Asperger géniaux sont une minorité qui fausse l’image de l’autisme dans le grand public.
Les 6 questions ci-dessous sont issues d’un questionnaire australien en 24 points permettant aux instituteurs et parents d’identifier le syndrome d’Asperger chez un enfant durant l’école primaire.
 L’enfant a-t-il du mal à comprendre la manière de jouer avec les autres enfants ? - Est-il indifférent à la mode ? - Manque-t-il d’empathie, c’est-à-dire de la compréhension intuitive des sentiments des autres - A-t-il un timbre de voix particulier ? - Est-il excessivement angoissé par les changements ? Par exemple, se rendre à l’école par un autre chemin le perturbe. - Etablit-il des habitudes ou des rituels élaborés qu’il s’oblige à suivre ? Par exemple, aligner des jouets avant d’aller au lit.
 Il n’y a pas besoin d’être un autiste intellectuellement performant pour que ces symptômes soient repérables ; on voit là les limites de l’effort de définition du syndrome d’Asperger et le danger aussi de scinder l’autisme en sous-groupes qui masquent l’ensemble du problème et poussent les parents à chercher des solutions adaptées au seul cas de leur enfant, disjoint des cas plus lourds : par exemple, trouver une intégration scolaire alors que l’immense majorité des autistes, en France, au mépris de la loi, n’y a pas droit.
 Comme tous les autistes, les Asperger ont du mal à comprendre le point de vue de l’autre, ce qui suppose d’être capable d’estimer que chacun a des façons de voir différentes, modelées par des croyances et des intentions ; pour nous cela va de soi, pour un autiste, c’est quasi inaccessible. Les Asperger ne décodent donc pas non plus les mimiques d’un visage et ne repèrent pas l’ironie et l’humour. Pour comprendre, lisez le beau roman de Mark Haddon : Le bizarre incident du chien pendant la nuit dont j’ai fait un compte rendu sur ce même site.
 Le syndrome d’Asperger est méconnu en France qui a, là comme ailleurs dans la prise en charge de l’autisme, au moins dix ans de retard. Ce n’est qu’en 2002 que le syndrome a été intégré dans la classification française des troubles mentaux de l’enfant et de l’adolescent (et depuis dix ans dans les deux classifications internationales CM10 et DSM4) et il est donc actuellement impossible de donner une prévalence du nombre de cas d’Asperger en France.
Une synthèse et des liens sur Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Syndrome_d’Asperger
Un autre : asperansa
Certains autistes Asperger ont leur site, par exemple celui-ci : site Emmanuël
Stephen Shore : http://autismasperger.net
ou un blog, par exemple, pour ceux qui lisent l’anglais le blog de Donna Williams : blog Donna Williams et son site : site Donna Williams
►L’approche sémiologique des expressions autistiques

 Elle commence par renoncer à spéculer sur les causes biologiques ou psychiques de l’autisme pour approfondir la description et l’analyse des expressions verbales et gestuelles des personnes autistes. Cette approche sémiologique vise à analyser ces expressions en tant que signes porteurs de sens.
 En lien avec le Centre Hospitalier Guillaume Régnier de Rennes, le groupe de recherches sémiologiques, coordonné par J.M.Vidal, cherche à analyser les énoncés verbaux et vocaux et les conduites non-verbales des sujets autistes : ces expressions, font-ils remarquer, mobilisent des signes, des objets et des personnes mais leur maniement est distordu ; les autistes s’isolent de leur entourage mais isolent aussi les uns des autres les personnes, objets et signes sans voir les oppositions et relations qui les relient, sans pouvoir s’appuyer non plus sur le caractère arbitraire du signe qui le désolidarise de la chose (les cliniciens voient ainsi comme un signe majeur de l’autisme l’impossibilité de montrer du doigt, capacité qu’acquiert le bébé vers un an et qui souligne la distance entre la chose et le signe).L’aptitude au signe permet d’introduire le tiers, donc de casser le contact fusionnel et son aspect arbitraire construit l’adaptabilité des êtres humains : l’adaptation implique pour nous à la fois le changement et la continuité puisque nous pouvons intégrer les modifications de la réalité ; les autistes, eux, faute de cette capacité, cultivent l’immuabilité. Ne pouvant ramener les changements propres aux circonstances de la réalité à une permanence qui les dépasse en construisant un sens cohérent au-delà de ces changements, l’enfant autiste tend à coïncider avec la situation et à maintenir l’identité de son environnement, en s’appuyant sur le déjà-vu, déjà-dit, déjà-su etc..et il n’arrive pas à faire fonctionner en relation présence et absence.
 Ce groupe a élaboré une « technique du jeu avec des personnes » qui donne l’occasion aux autistes de s’approprier une relation qui fait intervenir un tiers .Ils ne peuvent ,en effet, jouer avec les mots ni avec les objets pour faire semblant mais ils peuvent jouer avec des personnes pour les rendre présentes ou absentes. Il s’agit d’accompagner l’autiste dans ce qu’il aime faire, repérer ce qui suscite ou arrête ses rituels, comprendre ce qui atténue ou avive son désir d’être seul, le laisser maître de la régulation des relations à trois, particulièrement difficile pour un autiste, que ce tiers soit un objet, un signe ou une personne. Les deux grands symptômes de l’autisme- l’isolement et l’immuabilité - convergent vers cette particularité qui est le propre des autistes : ne pas accepter ou rompre les relations à trois.
Où en est le dépistage de l’autisme ?
La piste des troubles endocriniens
ONTARIO ministère de la santé et des soins de longue durée
LE GOUVERNEMENT MCGUINTY ÉLARGIT LE PROGRAMME DE DÉPISTAGE DES MALADIES CHEZ LES NOUVEAU-NÉS
 Le gouvernement McGuinty a choisi le Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario (CHEO) comme site du programme perfectionné de dépistage des maladies chez les nouveau-nés, qui sera le plus complet au pays. Le CHEO a été sélectionné après que le gouvernement eut invité, en août dernier, sept hôpitaux de l’Ontario à soumettre une proposition afin d’être l’hôte du programme de dépistage des maladies chez les nouveau-nés de la province. Au CHEO, le nouveau programme comprendra notamment : • trois spectromètres de masse en tandem pour le dépistage des maladies métaboliques héréditaires ; • le dépistage de maladies du sang et de troubles endocriniens grâce à l’utilisation de technologies supplémentaires, telles que l’essai automatisé d’enzymes, l’immunoessai, la chromatographie liquide à haute performance et l’électrophorèse. Le gouvernement McGuinty ajoute également six nouveaux tests à son programme de dépistage des maladies chez les nouveau-nés. Une fois que cet élargissement aura été mis en œuvre, l’Ontario fera le dépistage de 27 maladies rares et sera la seule province canadienne à offrir des tests de dépistage pour une vaste gamme de maladies métaboliques héréditaires ainsi que de maladies du sang et de troubles endocriniens.
 Maladies du sang et troubles endocriniens
 En septembre, le gouvernement a porté à 20 le nombre de tests de dépistage des maladies métaboliques héréditaires. Auparavant, seul le test de la phénylcétonurie était effectué. Les 20 tests sont répartis dans trois catégories : les troubles des acides organiques, les troubles d’ oxydation des acides gras et les troubles du métabolisme des acides aminés. Troubles du métabolisme de l’aminoacide L’organisme des bébés qui naissent avec des troubles du métabolisme de l’ aminoacide est incapable de métaboliser ou d’absorber adéquatement l’aminoacide. Ceci provoque un déséquilibre entre l’aminoacide et les protéines, et une accumulation dans l’organisme. Le traitement précoce permet d’éviter les dommages cérébraux, la déficience intellectuelle, le coma, les crises épileptiques, des troubles semblables aux troubles autistiques et même la mort. Ces tests sont les suivants :
• maladie du sirop d’érable • homocystinurie par déficit en cystathionine bêta-synthase • citrullinémie • acidurie argininosuccinique • tyrosinémie de type 1 • test de la phénylcétonurie.
 Cette annonce représente un investissement de 18 millions de dollars.
Troubles des acides organiques
 Le Dr. William Shaw est un des chercheurs américains plus reconnus des problèmes métaboliques liés à l’autisme, aux TED et aux problèmes de l’attention. Notamment il travaille sur le rôle des microorganismes intestinaux dans ces troubles et il a développé un examen spécifique des acides organiques pour l’application dans l’autisme. Ces examens démontrent très fréquemment l’excès des sous-produits des levures et bactéries intestinales qui causent des problèmes intestinaux, et comme il peuvent passer dans le sang vers le cerveau ; ils produisent un effet toxique et altèrent de cette façon le fonctionnement neurologique. Le Dr. Shaw est le directeur du Laboratoire Great Plains au Etats-Unis. 
Les examens aident à évaluer les facteurs métaboliques fréquemment altérés dans ces troubles et à trouver les traitements les plus appropriés ; ceux qui sont considérés les plus importants sont les acides organiques et la culture des levures pour évaluer les niveaux des microorganismes intestinaux, les déficiences des vitamines et antioxydants ; les allergies alimentaires de type IgG ; les métaux lourds dans les cheveux et les niveaux de cuivre et zinc, deux minéraux qui sont fréquemment en déséquilibre.
 On trouve sur le site du Laboratoire Great Plains une information du Dr Shaw sur les bactéries gastro-intestinales : site laboratoire great plains ainsi que son livre site laboratoire great plains, livre
  Pour conclure, il reste beaucoup à faire : les approches scientifiques existent, se développent en partenariat, ce qui est essentiel, et cessent de faire de la personne autiste un objet de curiosité (parfois médiatisé), un moyen de renvoyer les femmes à la culpabilité qui pèse déjà sur elles dans toutes les cultures, un inadapté oublié des statistiques ; c’est un être humain qui, parce qu’il fonctionne de manière atypique, nous invite à réfléchir sur ce qui fonde l’humanité ; nous la définissons souvent par l’aptitude au langage et à la vie politiquement organisée, sans voir que l’humanité y est parvenue par un long héritage culturel que nous nous transmettons ; les autistes ont du mal avec cet héritage, signe que cet héritage est fragile et menacé et donc doit faire l’objet de nos efforts pour le sauvegarder. Le plus grand intellectuel du XXème siècle, George Steiner, voit dans l’autisme la marque d’un état archaïque de l’humanité, raison de plus pour comprendre mieux notre mystérieuse histoire et aider les autistes à se repérer dans notre monde, et à en devenir citoyens dans le respect de leur différence.
Le 20 novembre 2006
Danièle Langloys
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